Les Chapeaux du Très Parisien, Hiver 1921-1922. Chapeaux Nouveaux.

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Art deco era headdresses. Le Chapeaux du Très Parisien. Cloche hats, Flapper, Gatsby fashion.
Les Chapeaux du Très Parisien

Les Chapeaux du Très Parisien,  Hiver 1921-1922.

Direction artistique: G.P. JOUMARD
Rédaction et Administration: 8, Rue Halévy. Place de lˈOpéra, Paris.
Color stencil on tissue paper. Paris 1922.
Les Collections de la rue de la Paix. Chapeaux Nouveaux.

Chapeaux Nouveaux

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Preface to the first edition.

“Les Chapeaux du Très Parisien” Hiver 1921-1922

LES chapeaux subissent la même évolution que les robes: la haute Mode les veut larges comme elles veut les jupes longues; pourtant le grands chapeaux ne sortent pas de la sphère d’élégance et gardent ainsi leur hautaine allure.
Les capelines de l’été se modifient, plus courtes derrière, pour ne pas gêner le col de fourrure.
Elles sont en feutre, en velours, en panne.

GÉNÉRALITÉS

Toutes les collections comportent le mousquetaire de feutre, crânement enfoncé et que décore une pleureuse à larges brins frissonnants.
Cette autruche est posée négligemment, semble-t-il, mais avec une grâce savante qui fait le chic du chapeau, cette grâce inimitable des grandes maisons! La plume est mise en arrière, et de biais, de façon à ce que les brins tombent de la passe, comme une frange.
Une modiste en renom qui a bien voulu nous confier ses projets pour la saison d’hiver, prévoit que la frange se montrera sur tous les chapeaux, jusqu’à satiété.
Nous sommes en plein dans les modes espagnoles, et telle création d’une modiste dont le nom fait loi, conneît un retentissant succès d’élégance, sans risque de vulgarisation: C’est un grand chapeau de crêpe noir drapé autour de la calotte d’une pointe de châle à franges brodée de roses aux tons vifs; les franges dépassent le bord droit. Car après une réaction en hauteur contre les garnitures tombantes, la haute Mode s’en est emparée dès que le public, lassé, a bien voulu y renoncer.

Beaucoup de chutes de perles, de plumes, de franges ou seulement d’effilés.
Certaines capelines tendent à devenir des bretons et se relèvent devant en un très joli mouvement nouveau et seyant; et elles ont à gauche une garniture tombant presque’ à l’épaule, et même sur la robe; ou bien à droite, elles se complètent d’une fantaisie en crosse, héron, autruche glycérinée ou couteau ciré qui remonte dans le sens du chapeau.
Les plumes seront très employées, cet hiver; avec cette discrétion dont ne peut jamais se départir l’élégance; mais on fait et l’on fera un généreux emploi du ruban.

LE RUBAN SUR LES CHAPEAUX

Quand il est utilisé avec art, le ruban n’est jamais commun; il y a telle façon de mélanger deux rubans de couleurs opposées pour en faire une ruche autour d’un chapeau de jeune fille, avec quelques pans qui folâtrent gaîment d’un côté. Telle autre façon de rouler le ruban en torsade qui, emprisonne la calotte de velours; le ruban lui-même est parfois effrangé pour faire une chute plus légère à gauche ou à droite. J’ai vu un ravissant chapeau tout en ruban de faille noire; les rubans rayonnaient, partout du centre de la calotte, s’écartaient pour la passe, effrangés tout autour sur deux ou trois centimètres comme pour mieux ombrer le visage.

L’INFLUENCE ESPAGNOLE

L’influence espagnole nous vaut encore, sous le grand breton dont je parlais tout à l’heure, la grosse fleur de velours, qui semble piquée dans les cheveux, sur l’oreille.
Et le peigne espagnol qui s’est exhibé à l’arrière du chapeau; c’est avec les grandes pendeloques de jais simulant d’immenses boucles d’oreilles, une fantaisie très audacieuse.
La cloche est totalement exclue de la plupart des collections. On l’a beaucoup trop vue; elle
était surtout jolie l’été; encore que ce ne soif pas là une raison pour la faire admettre ou repousser. Même si ce n’est que par hasard, la mode est logique en nous offrant pour les jours sombres des chapeaux qui dégagent le visage et la nuque; les grands bretons n’engoncent nullement et peuvent couronner le plus confortable manteau à col de fourrure.
Mais il n’y a pas que les bretons… plus ou moins espagnols! C’est au XVIII” siècle italien, rénové par Jean Gabriel Domerque, que les grandes modistes parisiennes empruntent leurs marquis et leurs arlequins, si coquets, si mutins et si allurés à la fois.
Ils sont de feutre, de velours, de peluche, de panne, noire généralement, avec la complicité de la dentelle qui leur convient à merveille. Car cirée ou non, il est fait un emploi fréquent de la dentelle dans toutes les collections.

LAQUÉS & CIRÉS

Et la vogue du laqué, du ciré, du glacé continue. On laque des couteaux de plumes qui prennent ainsi l’aspect de redoutables javelots de jais; on glace la mousseline pour la tourner en fleurs étranges; on cire le plumage du coq, on le teint; on s’applique enfin à rendre méconnaissables les dépouilles d’oiseaux dont on se pare toujours et qu’il faut moderniser coûte que coûte.

L’AUTRUCHE

L’autruche subit depuis quelques années, des métamorphoses inattendues; on a commencé par la glycériner; à présent elle aussi, on la laque, on la cire et on la glace.
Une grande maison de la rue Richepanse fait d’exquises parures avec des autruches glacées dont les coloris très harmonieux portent son nom.
Une autre nouveauté, c’est la plume d’autruche noire vaporisée de gris-argent; elle est d’un effet absolument inédit et très heureux.
Ailleurs la glycérinée se mêle à des fleurs; mais c’est surtout à l’intention de la clientèle étrangère. La Parisienne préfère la discrétion dans l’ornement de ses chapeaux, ou bien la note piquante, comme la frange de singe, déjà tant portée, et qui trouve moyen, grâce au génie des modistes, de rajeunir à chaque saison.

LES COLORIS

Faut-il parler de la couleur des chapeaux d’hiver; hormis la gamme des marrons, des mordorés et des violets, nul mieux que le chapeau noir ne saurait exercer sa toute-puissante sauveraineté. Et c’est tant mieux car il est toujours chic et harmonieux avec toutes les toilettes.

NANY.

Source: Les Chapeaux du Très Parisien. Numero une. Chapeaux de printemps 1922. Direction artistique: G.P. JOUMARD. Rédaction et Administration: 8, Rue Halévy. Place de lˈOpéra, Paris. Paris 1922. Chapeaux Nouveaux. Les Collections de la rue de la Paix.

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